Helsinki

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1er novembre 2008
20h30 heure locale, je me couche.

Je commence le journal de bord de mon premier “grand” voyage.

Bien sûr, depuis 10 mois je suis allée à Serpaize, Paris, Bologne, Codognè, Bibione, Ygrande, Vichy, Feurs, La Bourboule.

Mais aujourd’hui, j’ai pris l’AVION, je dirais même plus 2 AVIONS.

Nous sommes partis de Lyon pour Helsinki, en passant par Munich. Mais avant ça nous avons connu quelques péripéties. Huit jours avant notre départ, j’ai commencé à être malade, une bonne conjonctivite dont je me suis soignée durant une semaine. Mais vers la fin du traitement je continuais à beaucoup tousser… Hier nous retournons voir le pédiatre : bronchite et… otite ! La pédiatre nous annonce comme une fleur que l’avion le lendemain “ce n’est pas bien raisonnable !” Assommée par la nouvelle, j’ai passé l’après-midi à dormir (14h/18h) pendant que ma mère appelait toutes ses “connaissances médicales”: l’éternelle Bosles bien sûr mais également Jeanne (qui elle-même a appelé son amoureux, sa mère, sa soeur…). Mes parents ont pris note de tous ces conseils et en ont conclu qu’ils feraient en fonction de ma nuit et de mon “état” du lendemain…

Le lendemain.

Après mes quatre heures de sieste, mes onze heures de nuit et ma sieste d’une heure juste avant de partir pour l’aéroport, mes parents ont décrêté que j’étais assez reposée et nous voilà partis (déjà pas mal en retard vu que maman Marie a fait les valises “vite fait, pas très bien fait” 1 heure avant de partir).
Nous arrivons donc au parking P5 à 11h (notre avion devait décoler à 12h40), nous sortons de la voiture chargés comme des mulets (enfin surtout eux, puisque moi j’étais comme une grosse valise en plus !), on commence à courrir pour attraper la navette qui devait nous conduire au terminal et mon père (toujours en courant) demande à ma mère de préparer les passeports pour ne pas perdre de temps… A ce moment, ma mère se stoppe net dans son élan et s’écrit “les passeports ?!!!!!” Après avoir visualisé le temps qu’il faudrait pour faire l’aller-retour, les parents ont décidé que mon papa se chargerait d’enregistrer les valises en faisant du charme à l’hôtesse pour attendre ses femmes tandis que nous retournerions à Caluire toutes les deux pour aller chercher les passeports! Papa Sandro a sauté dans la navette pendant que Maman Marie me rattachait au siège auto! Maman Marie branche le moteur et découvre avec horreur que le ticket du parking (indispensable pour sortir) est dans la poche de son petit mari chéri… AAAHHH ! Elle interphone le monsieur de la barrière et lui explique la situation rocambolesque qu’elle est entrain de vivre et il ouvre en rigolant comme un tordu ! En essayant d’aller vite mais pas trop (puisque juste avant de partir ma marraine Marion nous a raconté son accident de voiture, ma maman a décidé d’être très prudente) nous prenons la direction de Lyon… par autoroute. Cependant comme chacun des amis de mes parents le sait, mes parents n’ont qu’un seul compte et surtout qu’une seule carte bleue qui se trouvait bien entendu à côté du ticket de parking dans la poche de mon papa ! Donc demi-tour par des petits chemins (je vous passe les tours et détours parce que vous le savez lorsqu’on s’engage sur une voie c’est pas évident de se retourner) et en route pour la maison.

Pendant ce temps au guichet de la Lufthansa mon père explique la situation à l’hôtesse. Enfin pas tout à fait, parce qu’il avait un peu honte de dire qu’on avait oublié nos papiers d’identité, alors il explique que maman et moi on a eu un accident sur la route et qu’on est sérieusement retardées. L’enregistrement prenait normalement fin à 11h40 alors lorsqu’il a annoncé qu’on arriverait vers 12h20, l’hôtesse l’a regardé dépitée : “Mais l’avion décolle à 12h40 !!! c’est impossible”. Papa était sur le point de rappeler maman pour lui dire que tout était foutu, de faire demi-tour à nouveau et de venir le chercher. C’est alors que le stewart de la Lufthansa qui était sur le poste à côté lui dit : “Yamina regarde, il y a un retard de 15 minutes confirmé à l’instant, si elles arrivent vers 12h20 ça pourrait aller, on va enregistrer les bagages de monsieur, émettre les 3 billets et elles présenteront leur pièce d’identité dès qu’elles arrivent”. Mon papa retrouve des couleurs mais il se dit que si on revient à l’aéroport avec notre voiture on perdra certainement au parking des minutes fatales. Il téléphone à nonno Ubaldo mais nonno travaille dans son magasin à Villefranche en ce samedi 1er novembre. 11h35, il appelle ensuite plusieurs taxis à Caluire aucun ne peut se rendre à la maison dans 15 minutes. Il en appelle d’autres encore à la Croix-Rousse. 11h42 l’un d’entre eux est disponible pour dans dix minutes… Ouf !

Nous arrivons devant l’immeuble exactement en même temps que le taxi, il nous attend pendant que nous montons chercher les passeports… Et nous voilà de nouveau en route pour l’aéroport, il est 11h55!

12h21 le taxi se gare devant le terminal 1. Nous courrons à l’enregistrement, ça y est nous y sommes, 12h27. 12h33 nous franchissons enfin la porte d’embarquement. Contrôle des bagages à main et des chaussures de Marie qui passe pieds nus le portique. On reprend toutes nos affaires et on court porte D : 12h39. Les parents ont juste le temps de me mettre un suppositoire de Nifluril… et nous voilà tous les trois dans l’avion à 12h52 ! Une heure et demi plus tard nous atterrissons à Munich et redécollons aussitôt pour Helsinki,où nous arrivons à 18h avec une vingtaine de minutes d’avance ! Les deux vols se sont très bien passés, mes oreilles ont tenu le choc, j’ai beaucoup dormi, un peu joué, et pour moi finallement l’avion ou le bus, c’est kif kif pareil…

Un taxi nous dépose à l’Holiday Inn à 18h20. 3 degrés, un froid sec et vivifiant, il fait nuit déjà. Mes parents disent qu’ils n’en reviennent pas d’être là, et je les comprends, la situation semblait bien comprise quelques heures plus tôt. Arrivés dans la chambre nous mangeons et nous nous couchons à 20h30 épuisés par tous ces évènements.

A demain…

 

2 novembre 2008
Il est 7 heures 30 du matin à Helsinki, j’ouvre les yeux et dans la pénombre je distingue mes parents qui dorment encore, des rideaux vert et orange, des murs couleur chocolat clair, et je me souviens que nous ne sommes pas à la maison mais à l’hôtel dans un pays appelé Finlandia comme me le répétait mon Papa les jours qui ont précédé notre voyage. Oui c’est ça, et la veille avant de me coucher j’ai couru à quatre pattes dans tous les sens pour explorer la pièce, je me suis roulée sur ce petit tapis noir au poil court, j’ai pataugé dans la douche et mis de l’eau partout, on a bien rigolé après toutes ces heures sans bouger dans l’avion. Assez dormi maintenant, j’appelle. A présent, j’interdis quiconque de prétendre que je dors mal parce qu’une nuit dans un lit que je ne connais pas avec une mère qui a toussé comme une tuberculeuse sans s’arrêter et moi qui ai juste fait une petite pause câlinou à 6 heures pour me rendormir encore 1h30, je crois que ça mérite quelques félicitations ! “Ciao Ester” me dit mon Papa, il me pose au lit entre les parents. Ni une ni deux j’attrape le sein de ma Maman et je déjeune en plein bonheur en m’assoupissant à nouveau. Le lait a une saveur particulière ce matin, c’est peut-être les petites baies sauvages et autres fruits rouges qui recouvraient la salade dont ma Maman et mon Papa se régalaient hier soir au restaurant pendant que je mâchais un morceau de pain aux graines sur ma chaise Stokke, la même qu’à la maison. A moins que ce ne soit le goût du renne, eh oui, vous lisez bien, hier soir à peine arrivés mes parents se sont empifrés des copains du Père Noël… Dans le doute arrêtons-là la têtée on mettra ça au clair plus tard, maintenant tout le monde debout, tirez les rideaux !

Direction la salle du petit-déjeuner. Tout le monde s’agite autour du buffet, je reste à notre table avec ma Maman, je commence par un morceau de brioche à la canelle puis j’enchaîne avec de la banane. Mon papa se lève toutes les deux minutes et revient à chaque fois avec un plat différent et un grand sourire. Tout y passe : croissants, confitures, fromage, bacon, légumes, fromage blanc au fruits rouges… Quand il revient avec trois types différents de harengs en sauce ma Maman dit qu’elle n’en peut plus. Je suis d’accord avec elle, je m’ennuie, alors on remonte dans notre nouvelle chambre. Là je m’aperçois que mon lit fait également trampoline quand je me jette dessus et ça m’occupe pendant que les parents se préparent pour qu’on sorte dans le froid.

Heureusement il fait très beau, un grand soleil, mais guère plus de quelques degrés au-dessus de zéro. Je suis enserrée dans plusieurs pulls, ma doudoune blanche et deux capuches. Mes parents m’installent dans la poussette rajoutent une couverture par dessus et c’est parti. Le soleil est aveuglant, je m’endors au bout de quelques minutes. J’aperçois mon père qui toutes les trois minutes remonte la couverture sur moi et insiste pour me rajouter un bonnet sur la tête, ma mère dit qu’il doit avoir un toc.

A mon réveil il est 14 heures, mes parents sont entrain de porter ma poussette sur des escaliers très raides qui mènent à une immense cathédrale toute blanche perchée sur une petite butte. Arrivés en haut je vois la mer avec un gros paquebot dessus. Mes parents me disent que c’est le port d’Helsinki, la mer baltique et que derrière l’horizon il y a un autre pays qu’on appelle Estonie. On distingue bien également une église orthodoxe en brique sombre vers laquelle nous décidons de nous diriger et dans laquelle nous nous réchauffons quelques instants. Là mon Papa me dit que j’ai de belles joues rouges et qu’après cette balade à Helsinki j’ai l’air d’une petite fille du nord, qu’il espère que ça va rester (le soir les parents disaient que j’avais gardé les pommettes rosées). Le grand air m’avait ouvert l’appétit alors le projet ambitieux des parents d’aller au Musée Kiasma pour que je puisse manger, courir et m’amuser était revu à la baisse, car c’était à une bonne demi-heure de là. On a traversé le port, j’ai fait coucou aux mouettes et on s’est installés dans un restaurant tout proche qui ressemblait aux grandes serres qu’on voit au parc de la Tête d’Or à Lyon, avec une grande verrière magnifique. A l’intérieur une pâtisserie salon de thé côtoyait le restaurant lui-même. Alors comme je m’ennuyais pendant que ma mère et mon père mangeaient un sauté d’élan aux champignons et aux baies rouges, l’un m’emmenait voir les gâteaux multicolores pendant que l’autre se dépéchait d’avancer dans son repas. Jusqu’à ce que, à force de vouloir à tout prix pénétrer dans les cuisines, l’une des serveuses m’a remarquée, elle s’appelait Eeva, et m’a prise dans ses bras. Nous sommes devenues copines en quelques instants. “She’s so cute !” répétait-elle. Mais bon, une autre dame plus âgée qui travaillait au restaurant la regardait un peu sévèrement alors elle m’a dit qu’elle ne pouvait malheureusement pas rester plus longtemps avec moi, et m’a rendue à Maman. On a repris la route. Et là après toutes ces émotions j’ai sombré dans le sommeil à nouveau pendant que la poussette suivait son chemin.

Là il est arrivé quelque chose d’exceptionnel. Il faut savoir qu’avant de partir tout le monde nous bassinait “Vous allez à Helsinki, la ville du père Noël”. Et leurs sourires béats ! Mes parents et moi nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, le Père Noël c’est un vieil intermittent qui cachetonne aux Galeries Lafayettes, et pourtant… En rentrant à l’hôtel, il était 16h30 et la nuit tombait déjà, nous sommes passés par une petite rue d’un quartier isolé. On regarde une vitrine et mon père dit en plaisantant : “Regardes le vieux monsieur à l’ordinateur, c’est le père Noël !” Ma Maman qui est curieuse s’arrête devant la vitrine et dévisage le pauvre monsieur. A ce moment là il sort nous voir (nous découvrons derrière lui deux rennes) et nous explique en finlandais qui il est. Mon papa qui pensait faire une blague avait vu juste : il s’agissait bien du père Noël ! Le vrai. Il m’a offert son pins. J’ai le pins du père Noël, c’est fantastique, c’est si rare de rencontrer le père Noël en personne. Eh ! Les copains ne vous attendez pas à avoir beaucoup de cadeaux dans vos chaussures le mois prochain, je crois que c’est la crise aussi pour le père Noël car il habite dans un immeuble un peu moche dans la banlieue d’Helsinki…

Rentrés à l’hôtel, mes parents étaient fatigués, ils avaient les yeux rouges. Mais moi non, j’avais bien dormi. Alors on a joué tous les trois. Je suis fière de moi parce que j’ai réussi à démonter le téléphone et j’ai repéré sans aucune difficulté toutes les bêtises à faire. Le problème c’est que j’ai fait le tour de la chambre, j’ai tout exploré, alors mes parents devront être imaginatifs demain sinon je vais m’ennuyer. Bon ensuite il y a eu un petit souci. Disons que je n’aime pas trop prendre mes médicaments (toujours cette f… otite) et que je fais un peu de la résistance. Beaucoup parfois. Et hier soir les parents ont du me tenir les bras et m’ouvrir la bouche de force pour que j’avale. Mais je me suis tellement débattue et contorsionnée qu’à l’instant où j’avalais la dernière goutte de sirop, j’ai tout vomi dans l’ordre, sirop, purée de légumes, compote de pommes au cassis et le lait de ma Maman. On voyait toutes les strates. Et mon papa qui m’avait dans les bras a servi de présentoir à mon oeuvre. Le pauvre, il n’avait emporté qu’un seul pantalon. Et le lit était dans un sale état également. Il a fallu réparer et remonter les fils de mon jouet le téléphone pour appeler la réception et demander un jeu de draps propres. Enfin tout est rentré dans l’ordre, j’ai mangé à nouveau et à 20h30 je me suis couchée repue et épuisée.

“Sogni d’oro e a domani” comme dit mon Papa.

 

3 novembre 2008
Cher journal, aujourd’hui je n’ai pas grand chose à te raconter. 8 heures : petit déjeuner. 10 heures : sieste. 12 heures : déjeuner. 14 heures : sieste jusqu’à 16 heures. Là mon Papa a décidé d’aller se détendre au sauna après cette journée épuisante ! C’est à peu près tout ! C’est bien les vacances !

Finalement vers 17h30, bien reposés, nous sommes sortis pour voir Helsinki de nuit et pour manger un peu… Pour cela nous avons demandé conseil à l’accueil “un p’tit resto sympa, finlandais bien sûr et si possible pas trop cher” : ni une ni deux la fille nous en propose un et nous voilà partis.

Après avoir longé le port nous arrivons au restaurant recommandé qui a l’air vraiment chouette… Mais le plus petit menu est à 68 euros. Pour un p’tit resto, ça mérite reflexion. Alors nous avons reflechi ! Et finalement nous avons trouvé un boui boui très sympa, tenu par une héroïne de Kaurismaki. Soupe de saumon exceptionnelle, ragout de cerf avec purée de pommes de terre et baies rouges, et un gateau aux pommes (je m’en suis régalée) pour finir. Vers 20h, il faisait 6° et nous sommes rentrés nous pelotonner sous la couette jusqu’au lendemain.

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4 novembre 2008
Encore une matinée de farniente finnois, j’ai mes parents complètement disponibles pour moi, les câlins dans le lit sont interminables, ils ne semblent pas pressés du tout alors j’en profite. Le climat ici soigne ma bronchite (mais la climatisation de l’hôtel la nuit se charge de la maintenir en vie bien que mon Papa ait bouché tous les trous d’aération avec de grosses couvertures en laine), m’ouvre l’appétit et quand que mes parents déjeunent je ne suis plus en reste.

Nous sommes partis assez tôt faire une ballade en ville et pendant le trajet je me suis rendormie bien au chaud pendant que l’air frais renouvelait le maquillage rouge rosé sur mes joues. Au réveil nous rentrons dans un très grand bâtiment gris au bord d’un lac, c’est le Kiasma, le musée d’art contemporain de la ville, ma Maman et mon Papa disent qu’ils ont choisi ce lieu parce que je pourrai y jouer tranquillement. Ils avaient raison. On m’a donné un autocollant rose “K” et un super caddie/poussette Kiasma. En route dans les larges couloirs gris et blancs en pente et aux formes géométriques arrondies. Un grand voile vert pend du plafond, dans un cadre au mur une jeune femme chinoise porte en l’air par la tête son compagnon qui semble en apesanteur. La déco est vraiment bizarre dans cette maison. C’est comme ça tout le long. A un moment j’ai pris des écouteurs et là encore les bruits étaient drôles. Plusieurs fois mes parents m’ont laissée courir dans de grandes salles presques vides. Dans l’une d’elles par exemple, qui devait faire vingt fois ma chambre, il y avait juste une petite lumière rose dans un coin. Je me suis aperçue aussi que souvent les autres personnes dans ce lieu semblaient s’intéresser davantage à moi et à mes réactions plutôt qu’aux choses qui trônaient dans ces salles. Ma Maman dit à mon Papa qu’elle comprend pourquoi les bébés ont un sentiment de toute puissance. Bon moi c’est pas le cas du tout mais je comprends ce qu’elle veut dire. Après une heure de cavale j’ai demandé ma compote et ma tétée. On a visité les deux derniers étages puis on est repartis.

Nous nous sommes dirigés vers le port puis nous avons cherché un restaurant, mes parents voulaient manger une soupe chaude. Comme tout est très cher ici on a beaucoup tourné puis par hasard on est tombé sur un café restaurant végétarien qui affichait “Zucchini” en grandes lettres vert kaki sur sa devanture. Autant dire qu’on a trouvé la perle rare, intérieur en bois murs blancs avec de jolies peintures naïves et multicolores de quartiers d’Helsinki. Un serveur adorable. Pas un autre mangeur qui ne soit venu me voir et même une finlandaise qui m’a parlé en français. Mes parents ont assez longuement discuté avec elle. Mais surtout c’était délicieux, j’ai mangé comme jamais, j’ai goûté tous les plats. Enfin “goûter” c’est pour la soupe aux porcini, parce que pour le reste, les lasagnes de millet aux carottes, tomates et fromage, les choux et le gâteau de Maman à la fraise j’ai mangé des portions de grande fille (en plus j’avais terminé juste avant un pot de compote). A la fin du repas j’ai fait la fierté de mes parents en imitant à la perfection les jeux de main pour applaudir et dire au revoir.

C’était encore une belle journée qui se terminait par deux bonnes heures de jeu avec mon Papa et ma Maman. Avant de me coucher je les ai entendu dire à plusieurs reprises : “Oh Mamma”, qu’il fallait suivre comment la situation allait évoluer cette nuit. Je me demandais ce qui pouvait arriver cette nuit à ma maman.

 

5 novembre 2008
Ce matin, dès que j’ai ouvert les yeux, j’ai découvert mes parents surexcités qui mettaient la chambre sans dessus dessous pour retrouver cette p… de télécommande avec laquelle j’avais joué la veille ! Ils la retrouvent, ils allument la télévision et là l’info tombe : le sénateur Barack Obama vient d’être élu 44° président des Etats-Unis. Je distingue des larmes de joie dans les yeux de mes parents, mon père me jette en l’air comme lors des victoires de la Juventus et m’explique que c’est le premier président noir dans l’histoire de ce pays… La victoire de cet Obama (que j’avais pris pour “Oh Mamma” hier soir) est-elle aussi importante que le sacre de l’Italie à la Coupe du Monde ? Après avoir regardé en boucle son discours durant une petite heure, nous sommes descendus prendre notre petit déjeuner.

Là j’ai rencontré tous les collègues danseurs de mon Papa qui étaient arrivés la veille à Helsinki. Papa Sandro est l’administrateur d’une compagnie de danse qui donne un spectacle ce soir à Helsinki et c’est en profitant de cette occasion qu’on avait décidé de partir en famille pour faire quelques jours de vacances. Donc les voilà enfin ces danseurs dont j’avais beaucoup entendu parlé. Ils sont dix-huit et c’est un défilé, ils viennent tous nous voir à mesure qu’ils arrivent dans la salle du petit-déjeuner. Il y a Esther qui à ma naissance m’a offert ce t-shirt bariolé que j’aime tant et que je porte aujourd’hui. Et Hester aussi qui a un petit ventre rond et qui est enceinte maintenant. A un certain moment nous nous sommes retrouvées toutes les trois, Esther, Hester et moi, Ester. Mes parents regardaient amusés. Puis est arrivé Eric et lui c’est certainement mon préféré, il est très drôlé avec sa grande chevelure bouclée noire. Alors mes parents on déjeuné tranquillement pendant qu’il s’occupait de moi. Mais il a commis une erreur, j’ai réussi à prendre une petite barquette de beurre et à l’ouvrir, et j’en ai mis de partout. Il doit beaucoup aimer les bébés parce qu’il n’avait pas du tout l’air de m’en vouloir. Nous sommes restés un bon moment à discuter avec tout le monde.

Puis nous sommes partis en ballade avec Matthias, un acteur de Hambourg, avec un gros ventre, très gentil. Mon papa l’aime beaucoup, il dit qu’il est adorable. Il me parlait et chantonnait en allemand. Je me suis endormie. Au réveil nous étions sur le port près d’une halle couverte dans laquelle nous nous sommes engouffrés… Là, nous avons découvert des étals pleins de poissons de toutes sortes, nous en avons achetés plein plein plein, on voulait tout goûter ! Avant de retourner à l’hôtel et de passer à table nous avons fini notre petite excursion dans un parc magnifique qui donnait sur la mer. C’était un coin très “chic”, le quartier des ambassades !

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Après avoir englouti tout un tas de poissons incroyables, mon Papa est parti travailler et nous a laissées entre filles… Ma maman m’a laissée faire plein de bêtises (écrabouiller de la banane dans les draps du lit, émietter mes gâteaux à la canelle dans mes chaussures et aussi un truc vraiment très drole que je conseille vivement à mes amis : sortir une couche de la poubelle, l’ouvrir tranquillement sans faire trop de bruit puis délicatement renverser son contenu, un magnifique petit caca, sur les sous vêtements de sa Maman) voilà donc à quoi j’ai passé mon après midi pendant que ma mère regardait CNN en comprenant un mot sur trois (hi hi hi, ma Maman n’est pas bilingue comme moi, na!).

Pendant ce temps là, mon Papa “travaillait”, c’est à dire qu’il regardait des gens danser. Si c’est ça que les grands appellent “travailler”, ça va.

Plus tard, je suis allée faire quelques courses dans ma super PegPerego (la même que chez moi en plus vieille) puis je me suis tranquillement endormie sur le sein de ma Maman, mais pas tout à fait jusqu’au lendemain…

A demain…
6 novembre 2008
Ma nuit a été agitée. Papa est rentré du travail vers minuit et je me suis réveillée peu après. Alors je l’ai appelé, il m’a prise dans ses bras et je me suis rendormie sur lui dans le lit des parents (à crapoto) j’y suis restée une bonne partie de la nuit avant qu’il ne me repose dans mon lit. Mais là encore ça n’a pas duré bien longtemps et cette fois je suis restée au sein avec Maman jusqu’au petit matin.

C’était le jour du retour à la maison. Alors, avec Gisèle (une performeuse de 65 ans) nous avons pris un taxi après le petit-déjeuner direction l’aéroport d’Helsinki. Cette fois nous étions bien à l’heure, aucun problème de notre côté. Mais l’avion lui n’était pas au rendez-vous, il est parti avec une demi-heure de retard. Et comme nous avions une correspondance à Munich ces trente minutes nous ont été fatales. L’avion pour Lyon était déjà parti quand nous sommes arrivés à Munich à 15h30. Et le suivant était à… 21h05.

Nous sommes bloqués à l’aéroport de Munich plus de cinq heures. Mes parents sont très énnervés, c’est soupe à la grimace pour toute la famille. Deux bons de dix euros pour manger et démerdez-vous a dit le Monsieur de la Lufthansa. On marche depuis plus d’une heure dans les allées. On vient de croiser un magasin de jouets et j’ai eu droit à un super cadeau, un petit singe et un petit zèbre dans la collection Schleich, ils sont trop beaux ! Je commence par mâchouiller le zèbre, je m’attaquerai au singe plus tard puisque la journée sera longue si j’ai bien compris. J’ai besoin de faire une sieste alors mon Papa prépare un lit improvisé sur les sièges de la salle d’attente et je m’y allonge avec Maman. Dodo.

Je vous passe la saleté, le bruit et la climatisation… Cette après-midi était moche, nulle et très très très longue.

L’avion de 21h05 est arrivé à 21h45 et nous avons atteri à Lyon à 23h30. Les Nonni nous attendaient dans le hall d’arrivée. Pauvre Nonno, il était déjà venu une première fois à l’aéroport dans l’après-midi avant d’apprendre nos mésaventures. Dans l’Alfa noire de mon Nonno nous filons à toute allure dans la nuit noire et glacée.

A la maison à minuit, j’ai mangé une petite compote et j’ai eu droit à mon premier bain de minuit !

Il est 00h45, mon voyage est terminé. Je vous laisse, je vais me coucher et je laisse la plume à mes parents pour un petit mot de conclusion.

Au revoir.

 

 

Ester

 

 

 

Merci Ester pour ce récit. Merci pour la tranquillité avec laquelle tu as affronté notre après-midi sordide à l’aéroport de Munich. Ta sérénité et tes sourires nous ont impressionnés.

Sogni d’oro tesoro.

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