Belgique

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Vendredi 8 mai 2009

Maintenant les voyages en avion je suis experte mais une fois n’est pas coutume nous partons en train. Rendez-vous 10h26 à la gare de la Part-Dieu. Les grands-parents que je n’ai pas vus depuis un moment puisqu’ils étaient en vacances à Rome avec grand-mamie sont venus me faire un bisou sur le quai. Sur le quai justement papa retrouve un collègue qui travaille pour la Maison de la Danse et qui part à Bruxelles comme nous pour le même festival. Dans les bras de grand-mère je fais coucou (que je prononce “caca”) aux trains qui passent : ils me fascinent et me font peur. Ça y est, nous voilà partis. Jusqu’à Lille le voyage est génial : plein d’enfants dans mon wagon, un copain m’offre un boudoir, les parents me laissent regarder les Télétubbies plus que de coutume, on mange, je tète… la belle vie ! Peu avant Lille, je m’endors. En gare de Lille, l’arrêt semble un peu long à tout le monde et d’un coup un Flamand nous annonce par le haut-parleur, qui me réveille, que le train n’ira pas plus loin car il n’y a plus de conducteur : on m’avait parlé des blagues belges mais celle-ci était trop forte. Tout le monde descend du train : les femmes et les enfants d’abord. Le papa du garçon qui m’avait offert le boudoir s’engueule avec un contrôleur qui appelle la police. Tous les gens du wagon (dont ma maman qui n’est jamais la dernière à prendre partie dès qu’il y a du brouhaha) viennent prendre la défense du monsieur en disant : “Oh la la, la SNCF, toujours en retard !”, ou bien : “C’est trop cher !” ou encore “Vous ne vous rendez pas compte : voyager avec des enfants, c’est pas facile !”. Tout le monde y va de son argument. Au centre de ce tumulte, maman sympathise avec une autre maman qui lui explique que je suis “bénie” d’être née un 8 décembre d’une maman “Marie”, quel beau signe… Moi, je souris de cette bébédiction.

Finalement, pour nous “décoisser” de cette situation abracadabrante, papa Sandro appelle cousin Fabrice qui nous attend à Bruxelles… Il décide de venir nous chercher à Lille dans 1h30 ! 1h30 dans une gare sans avoir rien à faire… C’est long ! Fabrice, notre sauveur, arrive et nous voilà pour 1h30 dans sa voiture… Ce voyage est interminable ! Fabrice parle tantôt belge tantôt italien avec mon papa, c’est normal, ils sont cousins issus de germain.

On arrive à Verlaine
Et j’ai le coeur plein de haine
Contre la SNCF
A qui je botterais bien les fesses !

OK, c’est pas du Verlaine mais c’est écrit à Verlaine en Belgique là où Marie et Fabrice font construire leur superbe maison… Superbe, surtout leur salle de bain: petits carreaux rouges, quel luxe !

Bon, mais cette maison n’est pas encore habitable alors nous allons dormir dans la maison de nonna Ada que Marie et Fabrice ont investi durant les travaux de leur maison. Mes parents sont très émus de retourner dans cette maison, ils étaient venus en amoureux pour le nouvel an 2004 et ils en ont un souvenir mémorable. Comme la chambre où nous dormons n’a plus de volets, mon papa et Fabrice découpent des morceaux de cartons qu’ils scotchent à même les vitres de la fenêtre jusqu’à obtenir l’obscurité. Ils répèteront cette opération les trois soirs où nous restons dormir à la maison car toutes les nuits les bouts de cartons finissent par tomber un à un ! Ce n’est pas grave moi je me suis plue tout de suite dans cette chambre, dès la première minute. Marie nous fait un hachis parmentier délicieux que nous mangeons en z’yeutant PJ, enfin, surtout ma mère ! Je vais au dodo dans un lit que nous prête la maman de Marie (elle en a plein chez elle, elle est nounou !) et je dors avec dédé serré contre moi jusqu’à demain !

La nuit. Il est 4 heures, je me réveille, j’appelle les parents, c’est pratique parce que ma mère la nuit ne comprend rien, elle pense donc que si je l’appelle c’est que c’est le matin ! Hi, hi, hi, je profite donc d’une petite tétée mais papa Sandro constate l’heure et me repose dans mon p’tit lit ! Tant pis pour moi… Bien tenté quand même !

Samedi 9 mai 2009

7h30, cette fois je me lève pour de bon. Je redémarre la journée par une tétée et par un nouveau rituel que j’affectionne particulièrement : dans le grand lit avec mes parents je touche les cheveux de ma maman, puis les cheveux de mon papa, et enfin les miens, ensuite je cherche le nez de ma maman, puis celui de mon papa, tous deux font “bip” quand je les touche, et enfin le mien. C’est bon, ma journée peut démarrer !

Avec Fabrice et Papa on va à la boulangerie de bon matin. C’est une très belle journée dehors, il fait frais mais le soleil est agréable et le village d’Engis couleur brique et son passé ouvrier ne sont pas si tristes que le dit Fabrice. Après une courte ballade on revient avec une chique gentillement offerte par la boulangère mais que papa ne m’a pas donnée, il l’a mise dans la poche de sa chemise, et avec douze croissants et pains au chocolat pour les quatre grands et moi. Bien que je ne sache pas encore compter j’ai l’impression que ça fait beaucoup et je vois mon papa qui rigole, Fabrice est un sacré gourmand ! Nous déjeunons donc et pour moi c’est croissant, jus d’orange et céréales.

Aujourd’hui nous partons visiter Dinant. Sur le chemin on s’arrête chez la grand-mère de Fabrice, chez les parents de Marie puis chez Lionel, un copain de Fabrice qu’on retrouve devant sa maison en cours de construction. On arrive finalement à Dinant. Après une pause tobbogan c’est l’heure de manger. Nous nous installons dans un joli restaurant, les hommes commandent de la bière et ici avec la bière ils apportent toujours des carreaux de fromage : je me régale. Peu après notre arrivée une famille de Flamands s’installe à côté de nous. Ils ont tout pour me plaire, un chien et une fillette de dix ans. Je saute de ma chaise haute et je pars m’amuser avec eux. Je dessine assise sur les genoux de la petite fille, je lui fais des bisous, des câlins, tout le monde rigole, je suis vraiment heureuse. La glace avalée par Fabrice et ma maman (qui ne perdent pas le nord pour autant) nous devons partir et ma séparation d’avec ma nouvelle copine est déchirante, déchirante mais très vite oubliée car nous allons maintenant nous ballader dans les jardins d’Annevoie.

Ce lieu est spendide, j’apprends les différences entre le jardin à la française (l’art corrige la nature), à l’anglaise (l’art imite la nature) et à l’italienne (l’art s’accorde à la nature). Nous nous sommes balladés tout l’après-midi au milieu de fontaines, de jets d’eau et de statues dans un calme merveilleux. L’aire de jeux n’était pas mal nous plus avec ses animaux de bois grandeur nature. Au retour, bain, tétée et dodo à toute allure car j’étais épuisée. Marie aussi était épuisée, elle avait mal au dos. C’est que j’ai oublié de vous dire qu’elle est enceinte, enfin personne ne me l’avait dit avant ce soir, elle attend une petite fille qu’ils entendent prénommer Cunégonde. Tous rient bien fort, ça doit être une blague belge encore. Maman lance son risotto aux courgettes. Entre temps un bisou à tous et au lit avec Dédé jusqu’à demain.

Dimanche 10 mai 2009

Aujourd’hui pas une minute à perdre, cousin Fabrice nous amène à Paradisio, un parc animalier à une heure de chez lui. Il dit qu’on sera épatés. Depuis hier le ventre de Marie ne bouge plus trop ce qui l’inquiète et la décide à rester se reposer à la maison. En route tous les quatre vers le paradis donc !

Bon je vais vous raconter les choses de façon chronologique car je suis à présent dans la voiture du retour et je voudrais tout restituer ici de cette journée qui est sans doute l’une des plus belles et des plus excitantes depuis que je suis née. J’en suis encore toute émue, j’ai la tête pleine d’animaux et d’aventures qui vont peupler mes rêves pendant de nombreuses nuits j’en suis sûre.

Le parc est immense, presque sans fin, je voudrais tout voir et je ne sais pas s’il est possible d’en faire le tour sans oublier le moindre recoin. En tout cas moi je ne veux rien perdre de ces merveilles.

A l’entrée il y a une petite ferme peuplées d’animaux relativement anodins peut-être pour les grandes personnes blasées mais époustouflants pour une petite fille de dix-sept mois comme moi. Et je peux m’en approcher, aucune barrière. Après la ferme nous entrons dans une première volière avec des oiseaux incroyables puis une autre avec des perroquets, des cacatoès, des aras, des bleus, des rouges, des jaunes. Je ne savais plus où donner de la tête. Puis arrive une troisième volière à ciel ouvert celle-ci. Nous montons sur des passerelles surélevées faites de cordes et de moceaux de bois. Je m’accroche comme un petit singe à mon papa et en avant l’aventure. Mais attention, c’était vraiment difficile, les passerelles se balançaient dans tous les sens. Fabrice en contre-bas crie à papa : “ça va Sandro, t’as pas l’air rassuré” et en effet papa m’agrippait très fort. On a survolé ainsi tout le parc pour finir par atterrir en son centre dans une immense aire de jeux pour enfants. Pause repas (ici ils appellent ça le dîner… à midi!). Repas froid, charcuteries italiennes et saumon fumé… Très peu pour moi, je préfère m’amuser dans le sable.

Dès le repas terminé, c’est reparti avec deux rendez-vous à ne surtout pas manquer : 13h30 “nourrissage des singes écureuils” et 14h30 “démonstration de rapaces en vol libre”. Car avec Maman il est hors de question de manquer quoi que ce soit, c’est elle qui établit la feuille de route à suivre, minutée avec une précision exrême, pour explorer le moindre recoin du parc et n’en rien manquer. L’encadrement est parfois à la limite du militaire mais je vois que Papa, en grand écervelé, est bien content de se reposer sur cette organisatrice hors pair qui parcourt carte à la main les dédales du parc avec force gestes de la main, des “par-ici”, “par-là”, “allez on ne traine pas”. Mais ce n’est plus Paradisio, c’est le bagne ! Je plaisante… Enfin qui a testé des vacances avec eux ne sera pas surpris. Direction l’île aux singes donc, où une soigneuse leur a donné à manger des vers de terre. Les singes étaient complètement excités et moi aussi par la même occasion. Avant de filer voir les rapaces nous prenons le temps de découvrir les acquariums géants; ça commence petit avec les poissons clown, puis c’est la découverte des requins, des poissons chat et des otaries. Nous sortons de l’obscurité ultramarine et rejoignons à présent l’aire des rapaces. Nous sommes assis sur des gradins et les rapaces volent au-dessus de nos têtes. L’un d’entre eux frôle la tête de cousin Fabrice dans les bras duquel j’assite à une bonne partie du spectacle. Je suis émerveillée, je ris aux éclats, je tape dans mes mains sans m’arrêter. Depuis dix-sept mois je n’ai jamais eu d’émotion aussi forte qu’à ce moment là.

Nous sommes allés ensuite prendre un verrre dans un paquebot immense, au centre du parc, qui surplombait l’espace des éléphants. Mais ceux-là je les connais déjà bien du parc de la Tête d’Or. Puis nous visitons quelques jardins et nous voyons des lémuriens que je tente d’approcher. Plusieurs visiteurs leur lancent des sucreries et d’autres choses à manger pour s’attirer leurs faveurs. Sur un panneau tout près mes parents disent qu’il est pourtant inscrit en rouge et en gros “Les nourrir c’est les tuer” : mais ici c’est le royaume du spectacle, un spectacle grandeur nature où tout est à portée de main, le monde en miniature et en captivité. On pourrait dire que comme lors d’une représentation théâtrale il y a des codes qu’il faudrait respecter, mais les spectateurs disciplinés qui restent dans leur siège pour regarder la représentation qui s’offre à eux ne sont pas nombreux, contrairement à ceux qui décident de se lever et de monter sur le plateau pour gesticuler. Mes parents disent que c’est bien triste, que le monde est plus vaste et plus difficile à appréhender que dans ce cirque.

Sur la route du retour je m’endors dans la voiture. Maman retient ma tête qui fait des va et vient à cause des virages. Pendant ce temps là, j’écris en dormant le résumé de la journée. D’ailleurs en arrivant à Engis je n’avais pas fini ma sieste. Les parents de Fabrice nous attendaient pourtant. Maman est restée à côté de moi dans la voiture en attendant la fin de la sieste, ce qui a bien fait rire Marie et Fabrice (ils pourront dire que c’était une bonne blague française). Mais mes parents avaient mal jugé la situation. Ce n’était pas une sieste de fin de journée mais bien le début de ma nuit. Alors après avoir attendu quarante-cinq minutes maman a décidé de me transporter dans mon petit lit pour un gros dodo.

Lundi 11 mai

Après une bonne nuit de sommeil et une matinée tranquille devant les Maternelles (Marie et Fabrice avaient rendez-vous pour voir si le bébé est en forme), nous partons pour Bruxelles dans la voiture de Fabrice. Arrivée dans la capitale belge et fin des vacances car papa est ici pour le travail et ma mère ne sait pas faire grand chose sans lui. Nous avons donc passé l’apès-midi à faire du toboggan et à courir après les “can” (chiens) à cinq minutes de notre appartement. Ce soir je dors dans le petit couloir qui va de la pièce principale au WC… charmant. Bonne nuit ! Au milieu de la nuit j’entends mon papa qui rentre, j’ouvre un oeil, je le vois qui se glisse dans le lit rejoindre maman. Je me rendors.

Mardi 12 mai

Je suis malade, j’espère que ce n’est pas la grippe H1N1 parce que mes parents et moi on a bien respecté toutes les règles d’hygyène dont on entend parler à la télévision ces jours-ci. En réalité on saura quelques jours plus tard que c’est une laryngite, j’en profite pour dormir bien au chaud contre ma maman toute la matinée pendant que mon papa travaille. Dès qu’il rentre nous filons au restaurant car il est déjà 13h45. Nous allons par hasard dans un restaurant où mon père a déjà mangé (il vient souvent à Bruxelles pour le travail). Mes parents se régalent : waterzooï de volaille pour maman et carbonnade flamande pour papa, qu’il accompagne de deux Maredsous. Ensuite grande ballade en ville, maman cherche un lieu dont elle a un souvenir bien vague, papa ne voit pas du tout où c’est, résultat on tourne en rond, journée un peu bof. Et quand on a un petit coup de mou, on bouffe ! On se pose donc à une sublime terrasse, papa commande un cappucino et une gauffre au chocolat, maman n’est pas en reste : un chocolat chaud et une gauffre au sucre avec de la chantilly, moi je goute de tout et le patron m’offre un speculoos. Nous repartons ensuite vers l’hôtel car l’après-midi touche bientôt à sa fin et ce soir papa retourne au théâtre, il a des rendez-vous à partir de 18h. A nouveau une soirée câlinoux avec maman. Mais ce soir je ne me sens pas très bien, je crie “papa, papa”, maman m’a bien expliqué qu’il reviendrait après la représentation au théâtre mais je ne m’en contente pas, je veux rester tout contre maman qui abandonne bien vite l’idée de me faire dormir dans mon petit lit. Je m’endors donc dans le grand lit et quand papa est rentré au coeur de la nuit il a certainement du nous retrouver ma maman et moi l’une contre l’autre. Bien blottie contre le ventre de maman je ne l’ai même pas entendu rentrer.

Mercredi 13 mai

Dès le lever on boucle tous les bagages puis on part en ballade vers 8h30. Il faudra être de retour à 11h30 car notre train est à midi trente. Cette fois-ci maman se renseigne auprès du réceptionniste avant de partir et identifie avec précision le lieu où elle veut se rendre, c’est en-dessous du palais de justice, un lieu plein de boites à musique, on y accède par un grand ascenseur. La ballade est très agréable, mes parents reconnaissent des parcours qu’ils ont déjà fait dans des précédents voyages, nous passons par de jolis jardins, visitons deux églises puis nous trouvons un salon de thé à la décoration tout en bois : les différents pains, les confitures et les viennoiseries de la devanture nous font craquer. Nous entrons et prenons un petit déjeuner complet : il y avait notamment cette confiture de lait maison qui était délicieuse. Comme d’hab’ notre estomac est passé avant notre marche à pied… Les boites à musique attendront notre prochaine visite. De retour à l’hôtel le taxi nous attend et nous ramène à la gare. Cette fois le récit du voyage retour tiendra en quelques lignes : tout ce qu’il y a de plus classique, 3h48 de voyage dont une grande sieste sur le ventre de papa, et je me réveille presque au moment où l’on annonce l’arrivée à Lyon. Voilà, au revoir Fabrice, Marie, Paradisio et Bruxelles… et à bientôt.

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